Chengdu, capitale du Sichuan, des pandas, du poivre…

Pont Anshung, restaurant (2003)

S’il y a de nombreux pays que j’ai envie de visiter, il faut bien dire que la Chine n’était pas ma grande priorité, tout en disant que si j’y allais un jour je ferais un détour par Chengdu histoire d’aller voir les pandas géants de plus près (je disais ça bien avant que nous ayons deux magnifique specimens à Beauval). Mais voilà, une newsletter avec un panda en gros et un prix ultra compétif, mon fils qui me dit « tu y vas » et je me suis retrouvée à cliquer sur « valider le paiement » sans trop réfléchir, ce qui est finalement génial car je n’avais rien prévu, rien envisagé, je pouvais donc me laisser aller de surprise en surprise.

Chengdu, est une ville ultra moderne, qui, bien que datant de trois siècles avant JC, ne conserve que très peu de traces de son passé, résolument tournée vers l’avenir, « la plus cool de Chine » selon ses habitants et s’articulant autour d’une place centrale Tianfu Square, dominée par une statue géante de Mao Zedong, qui a été mon guide pendant deux semaines. Dès qu’on se perd, on demande Tianfu Square et on est remis sur le bon chemin :-).

Ma boussole

Capitale du Sichuan (littéralement « Quatre Rivières »,  Min, Tuo, Wu et Jialing, les quatre rivières du mythique Yiangzi Jiang), province prospère et montagneuse du sud-ouest de la Chine, surnommée Les Portes du Tibet en raison de sa proximité avec l’Himalaya,

La Cuisine du Sichuan (oui avec un grand C, c’est un monument) :

Chengdu a été déclarée Ville Gastronomique par l’UNESCO, en 2010, la première d’Asie.

Forte de plus de 6000 plats, 2000 super chefs, 300 maîtres, de nombreux festivals culinaires, l’Institut Supérieur de Cuisine du Sichuan propose 40 diplômes aux étudiants chinois et étrangers, un festival, de nombreux cours et séjours pour les touristes, etc. Chengdu est maintenant un des acteurs gastronomiques les plus importants du monde et l’une des premières questions que vous posera un de ses habitants sera toujours « que pensez vous de la cuisine de Changdu ? » suivi par « ne la trouvez-vous pas trop « hot » ? » car c’est effectivement la cuisine la plus épicée du monde. Non à cause du poivre du Sichuan (l’un des meilleurs du monde avec le cambodgien de Kampot), très parfumé, mais à cause du piment rouge qui intègre de nombreux plats.

J’ai un seuil de tolérance très élevé au piment, je peux noyer un plat dans le Tabasco, la sauce Ayam (mon addiction) , sans ciller mais c’est à Chengdu que j’ai gouté le plat le plus épicé de ma vie, et que j’ai découvert un effet différent car je n’avais aucune sensation de chaleur au niveau papilles, oesophage, estomac, mais en mangeant, on respire aussi, et là, j’ai eu l’impression que mon crâne explosait et je me suis mise à pleurer. J’ai demandé un verre d’eau et on m’a apporté un verre d’eau brûlante (il n’est pas rare, au restaurant, que l’eau soit tiède ou chaude) que j’ai bu et là, miracle, ça a stoppé net le feu du piment.

J’ai été très surprise de constater à quel point les gens boivent et mangent très très chaud, voire brûlant.

Il y a énormément de variétés de légumes, des légumes racines, délicieux, fondants, de fruits (des mangues, papayes, grenades magnifiques pour ne citer que ceux-là).

Les spécialités incontournables

S’il y a plus de 6000 plats, dans tous les restaurants, on en retrouve quelques uns, incontournables  comme :

Tofu et Nouilles à la Sichuanaise, deux plats, qu’on trouve dans tous les restaurants de Chengdu y compris ceux de rue
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Fondu à la Sichuanaise « hot pot », la version moderne, un bouillon léger pour les légumes, un plus épicé pour la viande (des lamelles de boeuf pour celle-ci), au premier plan les nouilles à la Sichuanaise.

 

Une soupe aux légumes racines, avec un bouillon très parfumé, sans doute la meilleure soupe que j'ai mangé de ma vie
Une soupe aux légumes racines, avec un bouillon très parfumé, sans doute la meilleure soupe que j’ai mangé de ma vie
Desserts à base de chataignes d’eau et de confitures de prune, très peu sucré comme la plupart des desserts que j’ai pu gouter

Il y a assez peu de desserts, les repas ne se terminent pas, comme chez nous, sur une note sucrée.

Contrairement à la plupart des pays, il n’y a pas un ordre bien établi lorsqu’on commande des plats au restaurant, le dessert pouvant arriver avant le plat principal.

Il y a de nombreux plats, accompagnements et il est courant, sur une table pour deux personnes, de voir entre six et huit (petits) plats différents, chacun piochant au gré de ses envies, y compris les enfants. Du reste, personne ne prête réellement attention à eux à table, ils n’ont pas de plat spécifique (ni le gène coquillettes ou frites), ils piochent un peu dans tous les plats et mangent de tout, sans pression, sans caprice (je n’ai pas vu de petits pots dans les supermarchés, et encore très peu de nourriture industrielle).

Les repas sont très équilibrés avec beaucoup et une grande diversité de légumes, peu de viande, toujours des nouilles ou du riz. Les chinois mangent peu de graisse animale, uniquement la viande et en bien plus petite quantité que nous.

Comme tous les peuples asiatiques, ils se sont calqués sur les mammifères, ne consommant plus de lait dès la croissance terminée ; il  n’y a pas de fromage, de laitages dans leur alimentation courante. Ceci explique sans doute qu’ils ne soient pas aussi cholesterolisés que nous…..

On voit très souvent les parents aller chercher les enfants à l’école avec des pommes ou autres fruits épluchés, dans des petits sacs plastiques et ils adorent les fruits secs qu’on trouve partout, en très grande variété, tant en petits sachets individuels dans les magasins qu’en vrac au coin des rues.

les ronds, plus gros, au premier plan sont des kakis

Le Poivre du Sichuan (oui avec un grand P, il le  vaut bien)

Une pure merveille olfactive et gustative

Le Poivre du Sichuan ne ressemble en rien aux poivres habituels que nous connaissons ici. On lui prête un parfum d’agrumes, en fin de bouche, je le trouve  floral, tant au nez qu’en goût, avec une pointe de lavande. Sa particularité, si on en met un peu trop est d’être légèrement anesthésiant. Ca n’est pas un poivre du moulin (il n’y a pas de moulin à poivre en Chine, comme il n’y a rien sur les tables, pour rectifier un assaisonnement, les plats sont toujours justes), on torréfie légèrement les grains, et on le fait infuser, dans des sauces, des marinades, des bouillons. Son goût est tellement subtil que des chefs français l’utilisent également pour des desserts.

Le thé vert

C’est sans doute la boisson la plus consommée, toute la journée, dans cette région de Chine, productrice d’un excellent thé vert, légèrement âpre et très désaltérant.

Chengdu est réputée pour ses nombreuses maisons de thé où on vient se poser pendant des heures, avec une énorme thermos d’eau chaude sur la table.

La plupart des Chinois ont une petite bouteille attachée à la ceinture, avec des feuilles de thé vert, ils n’hésitent pas à la faire remplir, si besoin est, dans des restaurants, salon de thé etc.

Conclusion :

Il n’est pas facile possible de résumer un voyage sur un article de blog, d’autant plus que ce voyage est peut-être celui qui m’a le plus touchée sans doute en raison du  caractère des habitants de Chengdu (il serait très prétentieux de ma part de parler de la Chine ou des Chinois, je n’ai vu que deux villes dans une seule province) très souriants, heureux de vivre, profitant de chaque petit instant, sur les berges du fleuve, dans les maison de thé, les parcs qui offrent des spectacles, activités, renouvelés chaque jour, sans doute ce que nous oublions un peu trop souvent, profiter de l’instant présent, du bonheur d’être avec nos proches.

(J’ai pu discuter avec plusieurs expatriés ou habitants de Chengdu qui m’ont confirmé cette aptitude au bonheur, cette douceur de vivre, sans doute proches de ce que vivaient et ressentaient nos grands-parents après la guerre et que nous avons oubliées en cours de route, un peu trop occupés à critiquer, râler tout le temps et sur tout).

C’est pour cela qu’en raison du thème de Mes Inspirations Gourmandes, j’ai pris le parti d’évoquer surtout la cuisine.

Si vous voulez un voyage gustatif au travers de trois recettes faciles et emblématiques  :

Aubergines à la Sichuanaise
Nouilles à la Sichuanaise
Salade Sichuanaise

Néanmoins, je ne peux conclure sans évoquer ce célèbre habitant du Sichuan, Trésor National Vivant, qui fait la fierté de son pays  :

Les gros bébés
Les gros bébés

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10 réflexions au sujet de « Chengdu, capitale du Sichuan, des pandas, du poivre… »

  1. Merci beaucoup pour ce bel article sur Chengdu, très bien écrit. C’était une joie de replonger de ce qui fut mon quotidien pendant 5 mois, il y a 8 ans – DEJA! J’ai tout à fait reconnu ce que j’ai vécu sur place et la manière des Chinois de parler de cette ville: la plus agréable à vivre en Chine, où les gens sont plus heureux qu’ailleurs en Chine. Il paraît que le climat y est pour quelque chose, on m’avait dit que Chengdu est à la hauteur de Marseille.
    A bientôt et encore merci 😀

    1. Je te remercie de ton compliment, qui, venant de toi qui connais, me touche encore plus. Le climat est très curieux, nous avons toujours eu une sensation de douceur, pas de lourdeur même en marchant toute la journée avec parfois 23/25. De plus, en raison des véhicules hybrides, scooters électriques et aucun camion, ça ne nous a pas semblé pollué. Renseignements pris au retour, il semblerait que les livraisons s’effectuent vers 4 h du matin, ce qui explique que nous n’en ayons pas vus, juste les China Post. J’espère que tu y retourneras, car cette ville et ses habitants sont très attachants.

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